Compte-rendu de la réunion de la CLIGEET du 21 juin 2012

Compte-rendu informel de la participation de Yann Louvel, membre des Amis de la Terre Drôme, à la dernière rencontre de la CLIGEET, la Commission Locale d’Information auprès des Grands Équipements Énergétiques du Tricastin, le 21 juin 2012. Vous trouverez le compte-rendu « officiel » sur cette page.

« Première participation à la CLIGEET et déplacement à Avignon, où l’absence de bonne correspondance à Valence m’a obligé à arriver en retard (à quand plus de TER?). Eh bien je n’ai pas été déçu du voyage! Grande salle de la préfecture du Vaucluse, du monde à la tribune et dans la salle, EDF, AREVA, l’ASN, les syndicats, les assos, quelques têtes connues, tout le monde est là.

J’étais venu pour parler des PPI, les Plans Particuliers d’Intervention, qui me turlupinent depuis quelques temps déjà, notamment depuis mon dialogue surréaliste avec la préfecture de la Drôme ou ma confrontation avec Hervé Mariton sur le sujet. Un sujet dont Greenpeace a fait une de ses campagnes post-Fukushima.  Je n’ai donc pas manqué la première occasion pour ce faire même si ce point n’était pas à l’ordre du jour et qu’il n’en était pas question dans le rapport environnemental 2011 présenté par EDF.

Après avoir narré mes aventures téléphoniques et les différents sons de cloche à Valence pour le PPI du Tricastin et à Privas pour celui de Cruas, j’ai demandé ce qu’il était donc prévu à ce sujet pour 2012 après le petit détail de l’an dernier, le « grand écart » ou « la grosse anomalie » on pourrait dire dans la novlangue nucléaire, j’ai nommé Fukushima. Première réponse très descriptive de Grégoire Deyirmendjian, de l’ASN, qui m’explique ce qu’est un PPI, comme si je ne le savais pas, en ajoutant que « des réflexions sont à venir » en ce qui concerne l’élargissement du périmètre de 10kms des PPI, leur principal problème auquel je faisais évidemment référence…

Mon intervention a suscité de l’intérêt puisque d’autres membres de la CLIGEET ont rebondi dessus et interrogé la tribune sur le sujet, mais on n’en saura pas davantage sur les « réflexions » en cours ou à venir. Plus grave, le représentant de l’ASN tient des propos plus que surprenants sur ce qui s’est passé au Japon et sur le fait qu’il ne trouve pas grand chose à redire à nos PPI en France, comme celui du  Tricastin…

Difficile de rester calme en entendant cela, je ne m’attendais pas à ce qu’un membre de l’ASN puisse encore nier l’évidence sur les PPI après Fukushima, incroyable! J’ai donc été obligé de rappeler, moi associatif, à notre grande ASN nationale, qu’un élément naturel dans la vallée du Rhône vient perturber le beau PPI prévu sur papier, avec son périmètre d’évacuation tout rond de 10kms autour de la centrale : LE VENT! Et de rappeler que c’est aussi cet élément qui explique la contamination très inégale autour de Fukushima, avec une pointe au nord-ouest jusqu’à plusieurs dizaines de kilomètres de la centrale, comme l’a révélé la CRIIRAD il y a un an après s’être rendue sur place et comme illustré sur la carte ci-dessous.

Une zone dont les habitants n’ont pas du tout été prévenus (à défaut d’être évacués) lors des jours qui ont suivi la catastrophe, et qui ont donc pu se contaminer à souhait! Très rassurant d’avoir à rappeler ce genre d’évidence à l’agence de sûreté  nucléaire la plus « indépendante » et la plus « avancée » au monde… d’où ma nouvelle question qui visait à savoir combien d’accidents majeurs étaient nécessaires pour accélérer les « réflexions » de l’ASN sur le sujet?

Question pour laquelle j’ai eu droit à une réponse lénifiante de plus! J’aurais dû ramener et montrer ces cartes simulant la contamination de Fukushima et de Tcherbobyl à partir du Tricastin, où l’on comprend mieux le degré de pertinence de nos PPI…

Je ne me suis pas déplacé pour rien non plus sur les autres sujets à l’ordre du jour, très instructifs, comme sur la centrale biomasse de Pierrelatte, dossier sur lequel s’est mobilisé la FRAPNA, ou sur le « recyclage » des aciers issus du démantèlement d’Eurodif dans l’industrie proposé par les syndicats, rien que ça, proposition bien recadrée par la CRIIRAD.

Il va donc falloir manifestement maintenir la pression pour que nos nucléocrates n’oublient pas trop vite le grand écart de l’an dernier, et qu’on en finisse au plus vite avec cette folie douce, avant qu’un futur « incident » ne se transforme en « catastrophe ».

Yann Louvel

Images : Blog de Bioécologie et Fukushima

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