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Projection-débat du documentaire « Terres de schiste » vendredi 16 mai à 19h au cinéma de Pierrelatte

Les Amis de la Terre Drôme vous invitent à la projection-débat du documentaire « Terres de schiste » ce vendredi 16 mai à 19h au cinéma de Pierrelatte, en présence de deux représentants des communautés affectées en Argentine par les premiers forages d’exploration de gaz de schiste de Total, qui témoigneront après la projection de la situation là-bas lors d’un débat organisé par le collectif Touche pas à mon schiste.

Plus d’informations sur les deux Argentins et sur le documentaire ci-dessous.

Carolina Garcia – Ingénieure en Ressources naturelles et environnement, master sur les Aires naturelles protégées.
Experte travaillant à la Direction des aires naturelles protégées de la province de Neuquén, en Patagonie, Carolina Garcia pourra apporter son expérience particulière de confrontation aux entreprises pétrolières sur l’aire protégée d’Auca Mahuida, dans laquelle se trouve un permis de gaz de schiste de Total.
Tout comme ses autres collègues experts et techniciens travaillant sur cette aire, elle s’était opposée à l’octroi de ce permis et à l’utilisation de la fracturation hydraulique.
Elle est aussi membre de la Multisectorielle contre le fracking, réseau qui rassemble les militants et communautés mobilisés dans cette province de Patagonie, et membre du syndicat ATE (Association des Travailleurs de l’Etat).

Diego di Risio, de l’Observatorio Petrolero Sur, politologue, un des rédacteurs du rapport. Partenaire des Amis de la Terre et membre d’Oilwatch international, l’Observatorio Petrolero Sur est une organisation argentine qui, au travers d’un travail de terrain et d’activités de formation et de diffusion, apporte un accompagnement aux communautés affectées qui résistent à l’expansion pétrolière et gazière, et contribue à leur articulation au niveau régional et national. Diego pourra apporter son analyse et expertise sur la reconfiguration de la politique énergétique argentine, le rôle des multinationales et du gouvernement argentin.

Le documentaire Terres de schiste témoigne de la nouvelle ruée vers les gaz et huiles de schiste de l’Argentine à la France.

France, 2011 : suite à la mobilisation citoyenne, une loi est votée, interdisant la fracturation hydraulique sur le territoire français, avec notamment pour conséquence l’abrogation du permis dit de Montélimar, qui avait initialement été accordé à Total. Mais rien n’empêche cette entreprise d’aller exploiter les gaz et huiles de schiste ailleurs, en Europe et dans le monde.

Second opérateur de gaz en Argentine, Total acquiert avant toutes les autres grandes multinationales du secteur, des permis de gaz non conventionnels dans la province de Neuquén en Patagonie, y compris au sein d’une aire naturelle protégée. Le bassin de Vaca Muerta, qui s’étend sur 30 000 km² devient vite le nouvel eldorado des compagnies pétrolières telles que Chevron, YPF, Shell, Apache : l’Argentine serait le troisième pays mondial en terme de réserves potentiellement exploitables de gaz et pétrole de schiste.

Accaparement de terres, répression… les populations, notamment les communautés Mapuche et les petits paysans, qui souffrent déjà des impacts de décennies d’exploitation conventionnelle de pétrole et gaz se retrouvent piégées par la compagnie nationalisée et les majors étrangères. Le gouvernement a donné son accord sans les consulter. La résistance commence.

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Argentine : paradis pour les gaz et huiles de schiste, enfer pour les populations

Montreuil, 13 mai 2014Alors qu’en France le débat sur les gaz et huiles de schiste n’est toujours pas complètement clos, l’exploitation de ces ressources fossiles non conventionnelles s’accélère dans le reste du monde, notamment en Argentine. Ce pays est en effet devenu le nouvel eldorado des multinationales pétrolières, à commencer par Total qui détient 11 permis, jusque dans une aire naturelle protégée [1]. Les Amis de la Terre France, Pays-Bas et Europe, et l’Observatorio Petrolero Sur publient aujourd’hui un nouveau rapport « Repousser les limites – la ruée vers les gaz et huiles de schiste en Patagonie argentine » [2], et deux représentants argentins sont présents cette semaine à Paris pour demander des comptes à Total lors de son assemblée générale d’actionnaires [3]. L’occasion aussi d’interpeller le gouvernement français et lui demander de réformer d’urgence le cadre légal qui permet aux multinationales d’agir en toute impunité.

La Patagonie argentine, connue pour la beauté de ses paysages et ses étendues sauvages, est devenue la nouvelle proie des multinationales pétrolières, qui se disputent le nouveau « joyau » de l’industrie : la formation de Vaca Muerta, qui couvre 30 000 km2, et contient d’immenses réserves potentiellement exploitables d’hydrocarbures non conventionnels, au deuxième rang mondial pour le gaz et quatrième pour le pétrole. Total, présent en Argentine depuis 1978, et deuxième opérateur de gaz du pays, a acquis des permis dès 2010, avant toutes les autres compagnies. Aucune limite ne semble être valable pour ses ambitions puisque la compagnie a même commencé à forer dans une aire naturelle protégée.

Carolina Garcia, ingénieure en ressources naturelles et en environnement travaillant sur cette aire, et membre de la « Multisectorielle contre le fracking », témoigne des impacts dans sa province de Neuquén : « Nous nous sommes opposés à l’octroi du permis de Total sur l’aire protégée Auca Mahuida, mais le gouvernement provincial est passé outre notre avis technique. Le puits Pampa las Yeguas et les infrastructures qui y sont liées menacent cette réserve de biodiversité, notamment des espèces telles que le nandou choique, le condor, le guanaco ou le chat andin… Au-delà de cette aire, nous sommes mobilisés avec de nombreux habitants et communautés de la province, mais l’unique réponse des autorités est la répression et le déploiement d’une campagne de propagande pour soutenir l’industrie pétrolière ».

Les populations locales sont difficilement dupes et peinent à croire en les promesses de progrès qu’est supposé apporter ce nouveau boom des gaz et huiles de schiste. En effet, après un siècle d’exploitation conventionnelle de gaz et pétrole, de nombreuses communautés souffrent déjà des lourds impacts sociaux et environnementaux de cette industrie, et les inégalités sociales et la pauvreté laissent plutôt apparaître une « malédiction des matières premières ».

Selon Diego di Risio de l’Observatorio Petrolero Sur, co-auteur du rapport : « Les compagnies pétrolières avancent à grande vitesse, sans que les populations locales n’aient jamais été consultées ni même informées. Le développement des hydrocarbures non conventionnels a lieu sur les terres de communautés mapuche et de petits paysans, entrant en concurrence avec l’élevage de petit bétail. Les entreprises agissent en toute impunité car il y a une absence totale de contrôle de la part des gouvernements national et provincial, qui, au contraire, ont déroulé le tapis rouge pour attirer ces nouveaux investissements ! ».

Ainsi, suite à un décret national et à des réformes légales au niveau provincial, de larges bénéfices ont été octroyés aux entreprises pétrolières : allongement de la durée des concessions à 35 ans, exemption d’impôts, augmentation du prix de vente du gaz, liquidation des devises à l’étranger, suppression des consultations publiques, etc. Par ailleurs, si l’entreprise YPF a été re-nationalisée au nom de la souveraineté énergétique, l’objectif principal est en réalité aussi le développement des gaz et huiles de schiste, et, malgré un lourd passif environnemental, l’expropriation de Repsol a finalement donné lieu à une indemnisation de 5 milliards de dollars.

Juliette Renaud, chargée de campagne aux Amis de la Terre France conclut : « L’exploitation des hydrocarbures non conventionnels en Argentine illustre tristement le double standard qui existe selon que les multinationales françaises agissent en France ou dans un pays du Sud. La loi française interdit le recours à la fracturation hydraulique au nom de la protection de la santé des populations et de l’environnement, mais le gouvernement français n’a rien fait pour freiner le développement de gaz et huiles de schiste en dehors de nos frontières. Il doit agir immédiatement, en reconnaissant d’une part la responsabilité légale des maisons-mères des multinationales sur les activités de leurs filiales et sous-traitants [4], et d’autre part en prenant des actions concrètes pour sortir de notre dépendance aux énergies fossiles ».

Les Amis de la Terre, l’Observatorio Petrolero Sur et la Multisectorielle contre le fracking à Neuquén demandent à Total, et autres compagnies pétrolières telles que Chevron ou Shell, d’abandonner immédiatement leurs projets de gaz et huiles de schiste en Argentine et ailleurs dans le monde.

Contacts presse :

·        Caroline Prak, Les Amis de la Terre France : 06 86 41 53 43 / 09 72 43 92 65 caroline.prak@amisdelaterre.org

Notes :

(1)    Au travers de ses concessions couvrant 5 300 km2, Total contrôle 6 % du territoire de la province de Neuquén, alors que les aires naturelles protégées n’occupent que 2 % de ce territoire.

(2)    Le rapport « Repousser les limites – la ruée vers les gaz et huiles de schiste en Patagonie argentine » est disponible ici : https://www.dropbox.com/s/8252n7kvqc1sv7p/Repousser%20les%20limites%20-%20GdS%20Argentine%20-%20mr.pdf.

Il a été rédigé suite à des missions terrain et un travail d’investigation réalisée par l’Observatorio Petrolero Sur et les Amis de la Terre France. La synthèse publiée aujourd’hui contient une étude de cas sur Total, et le rapport complet, incluant des études de cas sur Chevron et Shell sera publié la semaine suivante.

Les Amis de la Terre France ont aussi produit un documentaire, Terres de schiste, qui sera présenté ce soir au Reflet Médicis. Pour plus d’informations : www.terresdeschiste.fr

(3)    L’assemblée générale des actionnaires de Total aura lieu ce vendredi 16 mai 2014 à Paris. Les représentants argentins se rendront ensuite aux Pays-Bas (siège de Shell), en République Tchèque, Hongrie et Pologne, puis en Espagne.

(4)    Une proposition de loi a été déposée par des députés en novembre 2013, mais n’a toujours pas été traitée : http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion1524.asp. Un soutien concret du gouvernement reste attendu, notamment suite aux déclarations de Laurent Fabius à l’Assemblée nationale le 6 mai : http://youtu.be/aEDqFl1U1sc

Septième émission de Soleil Vert de Septembre 2013 sur les gaz de schiste

La septième émission de « Soleil Vert« , l’émission de radio mensuelle d’écologie politique des Amis de la Terre Drôme, a été diffusée sur les ondes de Radio Saint Ferréol le 25 septembre 2013, en direct.

Son dossier thématique du mois a porté sur les gaz de schiste, avec un tour d’horizon de l’actualité française et internationale sur ce sujet, et un focus sur l’économie des gaz de schiste avec Nadia Donati, notre invitée du collectif valentinois contre les GDS. Vous pouvez réécouter cette émission en ligne ci-dessous :

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Intervention sur le projet de gazoduc Eridan à Allex le 16 octobre 2012

Les Amis de la Terre Drôme sont intervenus le 16 octobre 2012 à Allex lors d’une réunion publique de présentation du projet Eridan, un projet de gazoduc qui devrait traverser le département de la Drôme du nord au sud dans le sillon rhodanien.

Deux questions ont été posées :

  • sur la pertinence de ce projet qui doit augmenter les capacités d’importation et de transport du gaz naturel, une énergie fossile, sur le territoire européen, ce qui paraît contradictoire avec l’objectif officiel de réduction des gaz à effet de serre de l’Union Européenne de 20% d’ici 2020 et de division par quatre d’ici 2050, qui implique de se débarrasser progressivement des énergies fossiles, et non d’en accroître l’utilisation.
  • sur le risque de voir utiliser cette nouvelle canalisation pour le transport de potentiels gaz de schiste qui seraient exploités dans la région dans les décennies à venir.

Comme indiqué dans l’article du Crestois ci-dessous, les réponses apportées ne sont pas vraiment rassurantes… Affaire à suivre!

Vous pouvez également retrouver le compte-rendu officiel de cette réunion sur cette page.

Article du Crestois du 25 octobre 2012

Intervention lors d’un débat sur les gaz de schiste le 31 janvier 2012 à Die

Yann Louvel, des Amis de la Terre Drôme, interviendra le 31 janvier lors du débat « Controverse : Gaz de Schiste, où en est-on? » à Die à l’occasion des 10ème rencontres de l’écologie.

Conférence-débat sur les gaz de schiste au Québec le 24 février 2011 à Crest

Article du Dauphiné Libéré de février 2011